L'édito d'Arthur FELL (Oct 2019)
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Le "shout" dans le jazz

Parfois on rencontre le mot "shout" dans un contexte jazzistique. Littėralement "a shout" veut dire "un cri". Mais en jazz ce mot a plusieurs sens et ce mot "shout" a une certaine importance dans l'histoire du jazz.

Parmi les esclaves noirs, il y avait le "ring shout" qui était une danse rhythmique avec des "shouts" (cris), "calls and responses" (appels et réponses), “ hollers” (un autre mot plutôt familier pour “cri”) aussi avec des battements de mains et de tambours. Son origine était sans doute africaine. Cette danse se faisait en tournant en rond ("ring"). Ce type de danse a été pratiqué à la Nouvelle Orléans à Congo Square, un lieu où les esclaves étaient autorisés à danser selon leurs rites le dimanche et sans doute ailleurs.

Vers les années 1920, le mot a été emprunté par des pianistes qui jouaient le "shout piano", un style de stride puissant et rythmique un peu comme le "ring shout". L'exemple le plus célèbre est le titre "Carolina Shout" par le pianiste et compositeur James P. Johnson, connu comme le père du piano stride.

Il y avait par la suite des morceaux orchestraux avec les caractéristiques du "shout" où les différentes sections de l'orchestre (trompettes, trombones, saxophones, et section rythmique) faisaient des appels et des réponses comme cela se faisait dans un "ring shout". Ces techniques de "call and response" (appel et réponse), les "shouts" et "hollers" (les cris), des aspects rythmiques du jazz comme "tension and relax" (la tension et la relâche) et même les "blues", ont au moins en partie leur origine dans le "ring shout". Donc, le "shout", qu'on retrouve dans ces différents contextes, a son importance dans le développement du jazz.



Arthur FELL
Animateur de l'émission "Swing Doctors"
tous les Mardis à 14h,
et tous les Dimanches à 10h
sur Radio Aviva 88 FM
avec podcasts disponibles